Le même fil WhatsApp, deux messages : « sur internet ça dit 40 % État et 40 % régional ; je ne vois pas les 60 % ». Puis : « il paraît qu’il faut autre chose que les panneaux. Fenêtres, pompe à chaleur, etc. ». Ce n’est pas un client perdu. C’est ce qui arrive quand trois cases fiscales distinctes sont écrasées dans la même phrase. Cet article est la réponse que nous devrions pouvoir transférer.
Les trois phrases, clairement :
- Les 60 % d’État sont la case de la rénovation énergétique du bâtiment. Ce n’est pas une invention commerciale, et ça ne se « débloque » pas en changeant les fenêtres.
- Les 40 % de la Communauté valencienne sont une autre déduction (régionale), avec une base maximale de 8 800 € sur la résidence principale. Elles ne remplacent pas les 60 % : on peut les additionner si le dossier est propre.
- Vous n’avez pas besoin d’une pompe à chaleur ni de nouvelles fenêtres pour entrer dans les 40 % ou 60 % d’État. La règle demande le résultat sur le certificat de performance énergétique (CEE), pas une liste de courses.
Comme si vous aviez huit ans : une déduction n’est pas une remise sur la facture. L’entreprise encaisse pareil. L’année prochaine, Hacienda vous laisse payer moins d’impôt… mais seulement si vous aviez de l’impôt à payer. Si votre tirelire Hacienda est vide, 60 % ne vous achète pas un toit.
Ce que vous avez lu en ligne n’est pas tout à fait faux. C’est une autre case. Les 40 % d’État existent. Les 60 % aussi. Les mélanger — puis les mélanger encore avec les 40 % valenciens — est l’origine du chaos.
Il y a trois taux d’État, et ils mesurent des choses différentes
La déduction d’État pour travaux d’efficacité énergétique (disposition additionnelle 50 de la loi IRPF) n’est pas « 40 % ou 60 % selon le commercial ». Ce sont trois portes, avec trois indicateurs :
| Ce que le certificat doit améliorer | Comment on y arrive en général | % et base max. | |
|---|---|---|---|
| 20 % | La demande de chauffage et de climatisation (≥ 7 %) | Fenêtres, isolation, ombrage. Les panneaux n’entrent presque jamais ici. | Base max. 5 000 € |
| 40 % | La consommation d’énergie primaire non renouvelable du logement (≥ 30 %), ou classe A/B | Photovoltaïque sur le toit de ce logement. Parfois une pompe à chaleur. | Base max. 7 500 € |
| 60 % | La même chose, mais du bâtiment : rénovation énergétique résidentielle (≥ 30 % d’énergie primaire non renouvelable, ou classe A/B) | Le même photovoltaïque, si le certificat est celui du bâtiment. Copropriété — ou une maison individuelle qui est le bâtiment. | Base cumulée max. 15 000 € |
Voilà la confusion des fenêtres. Qui dit « pour 60 % il faut plus que des panneaux » lit presque toujours la ligne des 20 % — la demande de chauffage — et l’applique à la ligne des 60 %. Ce sont des indicateurs distincts. Une fenêtre neuve baisse la demande de chauffage. Un panneau baisse l’énergie primaire non renouvelable, parce que vous cessez de tirer du réseau un mix fossile. Hacienda ne vous demande pas les deux dans la même case.
Pourquoi les 60 % s’appellent rénovation énergétique (et pourquoi ce n’est pas « casser tout l’immeuble »)
Les 60 % ne sont pas un prix pour avoir souffert des travaux. C’est le taux de la rénovation énergétique des bâtiments à usage principalement résidentiel. La loi n’énumère pas « fenêtres + pompe à chaleur + panneaux ». Elle énumère un résultat : le certificat du bâtiment, avant et après, doit attester au moins 30 % de moins d’énergie primaire non renouvelable, ou une classe A ou B.
Une maison individuelle est un bâtiment. Un immeuble aussi. Ce qui change n’est pas « si vous avez une copropriété », mais si le certificat que vous déposez est celui du bâtiment.
Dans les faits :
- Toit d’une maison / pergola solaire sur votre parcelle. La maison est le bâtiment. Si le CEE du bâtiment atteint 30 % (ou A/B) : 60 %.
- Appartement, panneaux pour vous seul, CEE du logement. En général les 40 % d’État. Pas parce qu’il manque une pompe à chaleur : parce que vous n’êtes pas en train de rénover le bâtiment.
- Toiture commune, CEE de l’immeuble. 60 %. Voir récupérer 60 % en copropriété. Taux prorogé jusqu’au 31 décembre 2027 (décret-loi royal 16/2025).
Les 60 % ne se « débloquent » pas en achetant plus de choses. Ils se prouvent avec le certificat du bâtiment. Si les panneaux y suffisent, inutile d’inventer une rénovation.
La vraie question : faut-il une pompe à chaleur, des fenêtres ou « d’autres travaux » ?
Non. La loi IRPF ne dit pas « photovoltaïque plus pompe à chaleur » ni « photovoltaïque plus fenêtres » comme condition des 40 % ou des 60 %. Elle dit ce que le certificat doit dire.
Les panneaux seuls suffisent en général à l’indicateur qui compte dans ces deux cases — l’énergie primaire non renouvelable — parce que vous remplacez des kWh réseau par des kWh renouvelables.
D’où vient alors « il faut autre chose » ?
- Mélanger le taux de 20 % (demande : fenêtres, isolation) avec les 40/60 (énergie primaire : panneaux).
- Mélanger la rénovation énergétique pour l’impôt sur le revenu avec la rénovation pour la TVA (autres seuils, art. 91 ; voir TVA 10 % vs 21 %).
- Mélanger la déduction avec les aides Next Generation. Autre procédure. C’est pourquoi nous avons arrêté Next Generation.
Quand pompe à chaleur ou fenêtres ont du sens
Si le certificat de départ est une catastrophe et que les panneaux n’atteignent pas 30 % — ça arrive, surtout quand presque toute votre énergie primaire est du fioul ou du gaz — alors passer la chaudière en pompe à chaleur, ou améliorer l’enveloppe, peut fermer le certificat. Cela ne fait pas de la pompe à chaleur un péage légal. Ça en fait un outil, si le chiffre ne sort pas. D’où le CEE avant de vous vendre un pack.
Les 40 % de la Communauté valencienne : autre déduction, plafond 8 800 € de base
Les 40 % des pages de la Generalitat ne sont pas les 40 % d’État. C’est la déduction régionale pour autoconsommation ou renouvelables en Communauté valencienne :
- 40 % des montants investis dans la résidence principale.
- 20 % en résidence secondaire.
- Base maximale : 8 800 € par logement. 40 % de 8 800 font 3 520 €. Ce n’est pas « on vous rend 8 800 ». Ce n’est pas « 40 % de toute l’installation » si la base dépasse 8 800.
- Il faut la certification de l’IVACE.
- Compatible avec la déduction d’État si le dossier est propre.
Exemple 12 000 € de base, résidence principale en C. Valenciana, voie 60 % d’État :
- État 60 % × 12 000 = 7 200 €.
- Régional 40 % × 8 800 = 3 520 €.
- Total déductions : 10 720 €.
40 % + 40 % n’est pas ce que vous avez vu en ligne. C’est 60 % d’État (si le certificat du bâtiment le porte) + 40 % régional sur 8 800 € au plus. Deux règles, deux plafonds, un toit.
« Donc une installation à 10 000 € ne me coûte rien ? »
Non. Trois phrases de cour d’école :
- Vous payez l’installation maintenant (à l’entreprise, avec TVA).
- Hacienda ne vous verse pas un chèque. Elle vous laisse retrancher un morceau de ce que vous alliez payer à la déclaration. C’est une déduction : la permission de vider votre tirelire fiscale, pas la caisse d’A Todo Sol.
- Si vous ne payez presque pas d’impôt sur le revenu, la tirelire est presque vide. Une permission de 9 520 € ne sert à rien s’il n’y a que 800 € dedans.
Les 7 000, 10 000 et 15 000 € des tableaux sont le prix des travaux (la base). La IVA, presque toujours 21 % sur une maison déjà construite, s’ajoute et ne disparaît pas avec les 60 %.
Communauté valencienne — 60 % État + 40 % régional (plafond : 8 800 € de base)
Les 40 % valenciens ne s’appliquent pas à toute l’installation si elle dépasse 8 800 €. Ça coupe là : 40 % × 8 800 = 3 520 €.
| Prix des travaux | État (60 %) | Valence (40 %, max. sur 8 800 €) | Somme des permissions | Ce qui reste des travaux (si vous avez assez d’impôt) |
|---|---|---|---|---|
| 7 000 € | 4 200 € | 2 800 € | 7 000 € | 0 € de base + IVA |
| 10 000 € | 6 000 € | 3 520 € (pas 4 000 : le plafond de 8 800 coupe) | 9 520 € | 480 € de base + IVA |
| 15 000 € | 9 000 € | 3 520 € | 12 520 € | 2 480 € de base + IVA |
Relisez la ligne à 10 000 € : ça ne sort pas à zéro. Il reste 480 € de travaux plus la IVA. Et seulement si la déclaration avait au moins 9 520 € d’impôt.
Région de Murcie — même installation, autre tirelire régionale
Murcie ne copie pas Valence. Le taux régional dépend de vos revenus (50 % / 37,5 % / 25 %, et zéro à partir de 60 000 € de base individuelle). Le plafond n’est pas une base de 8 800 mais 7 000 € de déduction au plus. Le tableau utilise 50 % (revenus moyens, déclaration individuelle sous 35 000 €). Si vous gagnez beaucoup, Murcie ne met rien.
| Prix des travaux | État (60 %) | Murcie (50 %, max. 7 000 € de déduction) | Somme des permissions | Ce qui reste (s’il y a de l’impôt) |
|---|---|---|---|---|
| 7 000 € | 4 200 € | 3 500 € | 7 700 € | 0 € de base + IVA |
| 10 000 € | 6 000 € | 5 000 € | 11 000 € | 0 € de base + IVA |
| 15 000 € | 9 000 € | 7 000 € (50 % de 15 000 feraient 7 500 ; le plafond de 7 000 coupe) | 16 000 € | 0 € de base + IVA, si les deux tirelires suivent |
L’exemple qui tue « ça me revient à 100 % zéro »
Ana pose 10 000 € de panneaux à Alicante. Sur Excel : 9 520 € de permissions. Sur la déclaration d’Ana, Hacienda ne lui demande que 2 000 € d’IRPF. Ana ne reçoit pas 9 520. Elle a le droit de ne pas payer ces 2 000. Le reste reste du papier. Seulement si la personne a de l’impôt à déduire. Pas d’impôt, pas de magie.
Ce qui peut vraiment tuer la déduction (et ce n’est pas l’absence de fenêtres)
- Payer en espèces.
- Une facture sale — TVA à 10 % quand il fallait 21 %.
- Pas de CEE avant/après quand la case d’État l’exige.
- En C. Valenciana : sauter l’IVACE.
- Toucher une aide et ne pas la retrancher de la base.
Nous ne sommes pas conseillers fiscaux ; votre gestoría a le dernier mot. Ce que nous ne ferons pas : vous vendre une pompe à chaleur-péage pour 60 % que le certificat prouve, ni dire que les 40 % valenciens sont « jusqu’à 8 800 € en poche » alors que 8 800 € sont la base.
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Cadre indicatif : disposition additionnelle 50 IRPF ; décret-loi royal 16/2025 (60 % sur bâtiments résidentiels jusqu’au 31/12/2027) ; déduction régionale de la Communauté valencienne (40 % résidence principale, 20 % secondaire, base max. 8 800 €, IVACE). Mai 2026. Ne remplace pas l’avis de votre conseiller.